29.07.2009

J-6

Je ne sais pas pourquoi je ressens comme une grande gène quand on me parle d'enfant. Comme si ce sujet m'était totalement étranger, comme si cela ne me concernait pas du tout. Je n'arrive pas à me transposer dans cette identité probable. Je n'ai pas cet instinct qui me fait déjà être mère. Alors je suis génée, je ne sais pas quoi répondre et ca me semble si loin de moi. Est ce une pudeur poussée à l'extrême? Je n'en sais rien. Car pourtant, quand la masseuse m'a dit qu'elle avait ressenti une très forte émotion au niveau du bassin, ca m'a troublé et j'en ai ressenti une joie ou bien comme étant une ouverture sur la possibilité que je sois effectivement enceinte.

J-6. Je ne ressens pratiquement rien. Peut etre une toute petite sensation de douleur dans le ventre comme quand je vais avoir mes regles la semaine suivante. J'ai eu aissi une douleur quand j'ai mis hier soir mes 2 ovues. J'ai mal aux seins parfois mais rien de plus que depuis que je prends toutes ces hormones.

Je ne sais pas. Comment vais-je réagir si je ne suis pas enceinte. Vais je pleurer. J'ai l'impression d'avoir mis une carapace et de ne plus être en mesure d'être triste.

comment vais-je réagir si je suis enceinte? La Peur, la joie...Un autre monde. Un autre couple à construire.

Olivier, comment le vit il tout ça. Il est très pudique aussi. Il ne s'épenche pas beaucoup.

Je pense enfin à Michel...chaque jour. Je ne suis toujours pas triste. J'essaie parfois que ca sorte mais peu de larmes viennent. La seule souffrance serait de le voir avec une autre femme que moi. Rien que d'y penser, j'ai mal. Je ne comprends pas ce qui m'arrive. Pourquoi cette froideur et ce sentiment de possessivité en même temps. Pourquoi penser encore à son corps, à nos caresses et à nos câlins. Pourquoi m'imaginer encore me blottir contre lui et trouver cet apaisement. Pourquoi aussi je cherche encore à lui faire mal. J'ose souvent construire tout un scénario lui faisant croire que mon futur enfant est de lui. Pourquoi vouloir le destabiliser . J'ai l'impression souvent de continuer à vivre ma relation avec lui. Comme s'il était encore près de moi. Comme si j'allais le retrouver dans quelques jours. Comme si rien ne pouvait finir entre nous. comme si une évidence persistait. Même dans mes souvenirs, je n'ai pas mal. Je ne vis pas la souffrance du jamais plus. Est ce de l'amour ? Comment puis-je l'aimer et ne pas souffrir de son absence?

28.07.2009

Depuis jeudi dernier

Bonjour à tous

Jeudi dernier, un embryon a été transféré dans mon utérus. Ce fut un moment tendu et de fatigue mais également le premier jour de vie intra-utérine! Depuis, mes maux de ventre et de tête se sont amoindris et la fatigue aussi. Hier je me suis offert un massage sous une yourthe. 1h 40 de détente, c'etait super. On m'a conseillé également d'aller voir un osthéopathe spécialiste des femmes qui ont des difficultés pour tomber enceinte. Vu que j'ai des nerfs qui se bloquent depuis 1 mois dans le dos, j'ai donc 2 raisons pour aller le consulter lundi prochain.

La vie reprend donc sont cours et je reprend peu à peu le rythme d'une journée remplie de diverses choses. Je me suis promis néanmoins de ne plus courir comme avant. Nous avons eu des amis pendant 10 jours ca m'a fait également du bien.

Je n'ai donc plus qu'une semaine à attendre pour faire ma prise de sang et savoir si je suis enceinte. La masseuse dit avoir ressenti beaucoup de chaleur au niveau du ventre mais moi j'ai eu comme de petites sensations au ventre hier, comme quand je vais avoir mes règles la semaine suivante....Suspens. Mardi 4 aout, je saurais si ma vie va se metamorphoser ou pas!!

20.07.2009

derniers textos

Mes pneux sont lisses et je savais que Michel en avait pour moi. Après hésitations je me suis décidée à lui envoyer un texto pour lui demander si je pouvais les prendre. J'avoue que j'ai pensé passer chez lui et les prendre sans lui demander son avis... mais ca ne me ressemble pas. Et puis il est trop loin pour que ca vaille le coup de ne rien trouver. Il m'a répondu qu'il les avait utilisé pour sa voiture et que si je voulais passer il fallait que je prévienne pour que quelqu'un soit là. Je lui réponds qu'à part pour les pneus, je n'ai aucune raison de venir chez lui. Il me répond que je lui avais dit de se les garder. Et j'ai conclu en disant que j'étais en colère quand je lui ai dit ça mais qu'aujourd'hui ce n'etait plus le cas. J'ai terminé par un "c'est tout", histoire d'arreter peut etre la conversation ou bien d'affirmer ma position. Il n'a pas répondu ayant surement compris le message. Je m'attendais en effet à ce qu'il profite de ce message pour me réclamer son livre de bridge mais non, rien. Il en a surement acheté un autre. Et puis il ne s'est peut etre pas non plus rendu compte que j'avais son gros pull que j'aime tant. On verra bien s'il fera signe.

Il ne m'a rien dit non plus après car je devais faire une journée sur la thématique du vin dans son village que je n'ai finalement pas faite. J'ai imaginé qu'il m'enverrait un texto pour me faire part de sa surprise de ne pas m'y voir. MAis non, le salopiot il ne me laisse aucune chance de le snober. Il est fort je l'avoue mais je l'aurais, je l'aurais un jour!

avant la ponction

J'ai eu 2 petites frayeurs ces derniers jours. J'ai d'abord cru une première fois qu'on n'allait pas me faire la ponction car je n'ai qu'un ovaire qui a répondu à la stimulation. J'ai donc 5 ovocytes seulement ce qui d'après ma gynéco était limite. Le spécialiste m'a confirmé qu'on ferait la ponction. OUF ! Et puis hier soir lorsque l'infirmière est venu à 22h30 me faire ma piqure de déclenchement de l'ovulation, on s'est rendu compte que la pharmacienne'avait donné qu'une ampoule au lieu de 2 .... Ce n'est que ce matin qu'on m'a encore confirmé qe ce n'était pas grave et que je venais toujours mardi matin pour la ponction. Que veut dire "pas grave"? Est ce que ca amoindrit mes chances de réussite? Je n'en sais rien mais je n'avais pas prévu d'interrompre le protocole avant la ponction ! Faire tout ça pour rien, ca m'aurait foutu les boules. Après  je suis prete (je crois) à accepter que ca ne marche pas, mais là je n'y serais pour rien!

 

15.07.2009

suite du protocole

Avoir ses règles 2 fois est encore une source de fatigue. Mon corps est déréglé et il me le fait sentir. D'après mon gynéco, la première piquouse induit un état physique de ménaupose ! Bon ok...j'attend la suite. 15 jours après la date de mes premières règles, je dois faire une prise de sang pour savoir si je commence mes injections quotidiennes d'hormone (dosage x 6 par rapport aux A.M.P. précédentes). Je commence mes injections le mercredi. Le lundi suivant je me chope une angine carabinée! Ca me met littéralement à plat avec une température qui est montée à 39.7°C. Heuresement qu'un vieux pote est avec moi. Il n'est pas en forme physique non plus. Nous nous servons mutuellement de garde malade. Mais les yeux sont lourds, la tête est prête à exploser, j'ai chaud, je transpire et j'ai froid aussi de temps en temps. Je dors, je dors, je dors. Je ne peux plus prendre la voiture, la moindre activité me plonge dans un état de fatigue physique intense. Je n'ai plus d'energie. Ca va me durer 6 jours. Depuis ca va mieux. Lundi dernier j'ai fait ma première echographie pour voir où en sont les follicules: j'en ai 5 sur l'ovaire droit et rien sur le gauche de taille! 10 10 8 8 6 mm. Bof, pas terrible. On se revoit avec ma gynéco jeudi prochain avec à l'appui une nouvelle prise de sang.

Bientôt le jour fatidique. LE JOUR de ponction à Montpellier. Vendredi? Samedi? Seulement Lundi????non, j'espère avant. Je suis prete. J'en ai très envie. Je me dis qu'en injectant directement un spermatozoïde dans l'ovocyte, j'ai toutes les chances pour que ca marche. J'y crois de plus en plus. J'attend la petite seconde où beaucoup de choses vont basculer dans ma vie et dans celle de mon amoureux.

Demain, j'en saurais peut etre plus sur le jour de la ponction.

Pour le reste, ca va encore. J'y pense chaque jour, chaque heure mais toujours aucune souffrance intérieur. Je ne ressens pas vraiment encore le manque. Peut être que ca ne viendra pas. La seule raison qui me fait savoir que je l'aime encore c'est d'imaginer une seule chose: s'il se trouve être avec une autre femme que moi, là j'en souffre déjà terriblement. Je ne voudrais pas le savoir, absolument pas. Il me faut du temps, beaucoup de temps.

12.07.2009

Traitement FIV

Ma future grossesse..

Je n'ai jamais voulu vraiment d'enfant à partir du moment où j'ai été en âge d'en avoir. Gosse, j'en voulait 6. Adulte, je n'en voualis plus. Ca m'agace les enfants, me fatigue. Je les trouve bête et usant. En groupe, c'est pire. Je n'ai aucune fibre maternelle. Ca ne m'a jamais posé de problème car je n'ai jamais eu de partenaire qui en voulait.

Cela fait peut être 3 ans maintenant, qu'on a commencé à en parler avec mon amoureux. Enfin! je crois que j'ai trouvé l'homme qui a suscité en moi ce désir de fonder une famille, qui m'a donné suffisamment confiance pour lui confier ma vie et lui en offrir une seconde. Ca a été long por arriver à lui dire que je voulais un enfant avec lui. Je craignais qu'il ne réponde pas à mon désir. Je craignais qu'il soit surpris par mon nouvea comportement. Je craignais qu'il ne soit pas dans ce même projet.

J'étais timide, rieuse..péteuse ! Lui aussi, un rire géné mais heureux. Je crois que si je ne lui en avais jamais parlé, il n'aurait jamais osé l'exprimé, ne serait-ce qu'en lui même, se poser la question. Pourrais-je avoir un enfant avec cette femme qui est à mes côtés depuis toutes ces années?

Et puis, j'ai laissé le temps passer et puis j'en ai reparlé. Toujours aussi pudiquement. Et puis un jour il m'a proposé le nom de l'enfant si c'était une fille et là, j'ai senti qu'on avait franchi tous les deux le cap de la pudeur et qu'on était capable d'être parents ensemble. On a réflechi aux dates, à théoriser sur les bonnes et mauvais périodes de l'année pour avoir un enfant. Et puis le temps passe, j'arrete la pilule et rien ne se passe justement.

C'est en mai 2008 que je suis allée voir ma gynéco pour lui en parler et commencer les examens de contrôle. Et c'est en janvier 2009 que nous avons commencé notre première A.M.P. ..?!? Assistance Médicale à la Procréation. Nous l'avons fait 3 fois. LE traitement est simple: une injection d'hormone par petite piqure que me faisait olivier chaque soir pendant 6-7 jours et puis une piqure de déclenchement. L'humeur en a pris un coup. J'etais plus sensible aux émotions et pleurait plus facilement. Un peu fatigué mais, ca allait de manière générale.

Et puis, ne marchant pas, on a décidé d'aller voir un spécialiste de la stérilité masculine à M., à 140km de chez nous. Rebeloote avec les examens. On nous dit qu'on aurait du envisager une FIV depuis le début vu les résultats des spermogrammes de mon amoureux. Et oui, c'est lui depuis le début qui cause problème, selon eux. Je pense moi, que j'ai ma part aussi. Avec Michel, nous ne nous sommes pas protégés et je ne suis jamais tombé enceinte.

J'ai commencé le traitement pour la FIV il y a 19 jours. Au premier jour des règles, je prend une injection intramusculaire d'une hormone à diffusion progressive. Et j'attend 15 jours. Je ne sentirais les effets qu'au bout de 11-12 jours (juste après ma séparation avec Michel): je suis très très fatiguée (avant je l'étais depuis quelques jours mais je n'y pretais pas cette cause là), je me reveille fatiguée et je me couche fatiguée. Et puis mes règles arrivent une 2nd fois.

Le coup de grâce!

Cela fait maintenant 12 jours. 12 jours de silence, de test. Que dire alors si ce n'est que c'est plutôt confus comme situation. Je pense à lui chaque jour et à chaque instant. Pour autant je ne souffre pas. Je suis assez sereine. Je me mets parfois à lui parler, à le remercier de cette rupture. Je lui dis que je l'aime aussi mais que je suis toujours aussi heureuse, même sans lui. Je mets son pull, je le respire. Je n'ai pas mal. J'ai l'impression que je suis en train de l'aimer encore, tout simplement et tout en sachant que je n'obtiendrais jamais rien de plus de lui. Je continue par contre à me forger des sénarii. Je téléphonerais à son frère quand je serais enceinte. Je passerai le voir pour lui annoncer la bonne nouvelle et en même temps je déposerais de mon parfum sur le traversin de Michel et je lui piquerai les 2 pneus qu'il avait acheté pour ma voiture. Je mettrais un mot "combien te dois-je?" tout en sachant que je ne lui payerais pas.C'est à lui de payer. Je voudrais qu'il rentre dans sa chambre, qu'il sente mon odeur, ma présence et qu'il ait mal. Je veux qu'il pense à moi et qu'il se trouve con. Je veux qu'il souffre. Et moi je veux continuer à l'aimer comme un jardin secret, comme cette chose douce que je ressens encore quand je pense à lui, entre 2 colères.

Je ne pleure pas, je pense à ma grossesse...

09.07.2009

Le coup de colère

Aujourd’hui c’est la colère que j’ai besoin d’exprimer. Je souhaiterai qu’il se rende chez moi pour venir par exemple récupérer son livre ou son pull. Je laisserai la porte-fenêtre fermée, je ne dirais rien et lui collerais un mot sur la porte.
« Je n’ai plus rien à te dire, toi qui a été suffisamment lâche pour me traiter comme tu l’as fait au restaurant. Tu as voulu me donner une nouvelle fois une leçon de bridge mais tu as oublié que dans ton fameux « coup psychique » tu perds la partie tout autant que ton partenaire. Tu as perdu Michel. Tu n’es qu’un lâche. Tu a perdu ta dignité en te comportant ainsi, en brisant ces quelques jours de bonheur que nous partagions enfin ensemble. Tu me dis que j’ai été suffisamment naïve pour croire tout ce que tu me disais, que tu as été un manipulateur pervers. Si tel est le cas, et bien oui alors. J’ai été naïve de croire que tu pouvais construire une relation amoureuse avec moi parce que tu en a émis le désir il y a peu de temps. Parce que c’est ça la vie, tisser des liens, se battre et s’aimer. Tu n’es qu’un pauvre malade, incapable de prendre les choses en mains, tu es lâche encore une fois. Tu n’as rien, tu n’es rien, tu ne vaux rien. Retourne voir ta mère et demande lui pourquoi elle t’a confié à d’autres bras que les siens, ça t’évitera quand tu fais l’amour bourré de dire son nom. Ne fais pas semblant de ne pas comprendre, ni de ne pas te souvenir. Je vois déjà ta tête d’ahuri, fuyant, évitant, reculant et disparaissant. Disparaît de ma vie. J’ai de l’amour pour toi mais j’ai également le cœur suffisamment sec et fort pour ne pas avoir mal de ton absence. J’ai juste de la colère car tu as tout gâché jusqu’au bout et il t’aura fallu vouloir me faire du mal pour en finir. Tu es minable. Ne revient plus.
Concernant ton livre, tu peux te le mettre là où je pense.
»

Sinon je vais bien, je ne ressent encore aucune souffrance, aucun mal au ventre, rien. J’ai commencé mon traitement pour la F.I.V. et ça m’occupe l’esprit je crois. Le traitement est lourd et je me suis chopée une angine blanche en même temps : 49,5 de température avant-hier soir emmitouflée, c’est vrai, dans 2 couvertures !
Je pense à lui chaque jour, je rumine ce qui s’est passé et je ne comprends toujours pas le fond. Il n’y a sûrement rien à comprendre. Car la psychologie humaine est souvent très compliquée et confuse. Alors laissons le temps se faire et puis, je croise les doigts pour que je tombe enceinte, enfin ! Quel bonheur ce serait. Tournons la page, je ne regrette rien. Il a surement avancé un chouillat dans son histoire personelle et moi j'ai beaucoup appris.

03.07.2009

le coup psychique!

Comme dirait notre thérapeute, nos étions de retour dans la fusion. OUF ! Enfin ! Quel soulagement même s’il ne fallait pas oublier le problème de base : la reconnaissance de l’autre. Après la dernière séance, ce fut beaucoup de plaisir et de tendresse. Le soir, nous avons été au resto, les yeux dans les yeux. On était heureux, gais et nous parlions facilement. La nuit fut agréable et le matin câlin.
C’était beau. Je lui ai proposé de l’aider à arroser ses jeunes plants de vignes. Je viens le dimanche soir alors qu’il n’était pas encore rentré de son bridge. C’était prévu. Je regarde la télé, me douche et me couche. Il rentre vers les 23h. Il se couche. Son pied vient tout doucement se coller a mien. C’est très tendre, ça me fait fondre de plaisir et d’amour. Peu à peu, je me réveille et nous partons dans un jeu physique. Il a beaucoup bu et il est très enjoué, joueur. Nous nos amusons à des gestes un peu brutaux. Il me claque les fesses. On glousse. On fait l’amour longtemps. C’est bon. Le matin arrive et nous refaisons l’amour encore une fois. Je le retrouve enfin.
Le midi nos allons manger en terrasse d’un restaurant. Tout se passe bien. On discute. On s’aime. Puis on va se perdre dans un coin sauvage où on peut se baigner près d’un barrage naturel. Je rentre chez moi l’après-midi. On se retrouve le lendemain soir pour partir ensemble en bord de mer. Je lui avait proposé en effet de passer la nuit et la journée du lendemain au bord de l’eau, quelque chose de très romantique et que pour nous deux. Il est d’accord, il réserve la chambre et prend l’initiative d’un restaurant qu’il connaît.
On se rejoint le soir comme prévu. Le trajet se passe très bien. Il me caresse la jambe, il est taquin, plus qu’à son habitude. Je suis heureuse de le voir comme ça.
Et puis on se retrouve au restaurant et tout va basculer sans que je comprenne pourquoi, ce jour là, à ce moment là…
On est dans un chouette restaurant. Je le regarde et l’écoute, nous plaisantons.
Puis il se met à raconter longuement une tactique de bridge : LE COUP PSYCHIQUE.
Le premier « passe », le second aussi. Michel n’a aucun point dans son jeu pour faire quoique ce soit mais il décide justement de bluffer tout le monde et donc même son partenaire. Il lance une enchère et du coup fausse dans la tête des autres l’idée qu’ils ont de la répartition de la donne.
D’après ce que je comprend à ce moment là, il risquerait de perdre moins de point en prenant et en perdant (il n’est pas vert donc pas vulnérable) que de laisser faire son adversaire suivant en prenant l’enchère et en la gagnant.
Puis après une longue explication, très longue il me demande si je crois tout ce qu’on me dit. Je sens déjà une première alerte, un sentiment étrange. Je lui dis qu’il ne faut pas qu’on parle sérieux ce soir. Il insiste. Je lui réponds que je suis d’un naturel sceptique. Il s’en étonne. Il me parle de notre couple, que cette question en est le fondement. Je lui parle plutôt de ses silences. Il me demande comment j’interprète ses silences (on l’avait déjà travaillé en thérapie). Je réponds tout de même.
Et puis là tout d’un coup, je me suis littéralement décomposée sur ma chaise. Je suis passée dans une autre dimension. Michel me dit qu’il n’a pas à me raconter ce qu’il fait en dehors de nos rencontres parce que j’ai une « importance minime dans sa vie ». Le bridge vient bien sur en premier puis vient la vigne.
Je ne comprends plus. J’ai mal. Mais je trouve encore la force de lui dire qu’il vient de me donner une sacré claque. Je lui demande pourquoi il fait une thérapie de couple si je n’ai qu’une importance minime ! Il me répond « En effet.. ».
Je n’ai plus rien à me raccrocher même quand il semble reprendre légèrement le mot « minime ». Il a dû sentir la force du mot mais il n’en fait rien de moins lourd.
Je chute. Je suis désespérée. Je suis vidée de mes tripes. Pourquoi me fait-il ça maintenant ? Ici ? Comme ça ? Devant tout le monde ? Je n’ai plus envie de discuter. Ces mots sont tranchants, comme une sanction, un coup de grâce morbide et théâtralisé. Mais je ne comprends pas tout car c’est trop brutal. Je me lève et je lui dis qu’il n’est pas question que je paye le resto. Que je l’attends dans la voiture. Au parking de l’hôtel je lui donne fermement sa serviette de bain (on avait prévu d’aller faire un bain de minuit) et je me dirige vers la plage. J’ai les clés de notre chambre, de ma chambre. Il laisse faire. Il ne dit rien non plus.
Je ne sais pas combien de temps je suis restée là, étendue sur le sable. Je tente de me remplir de cette douce chaleur nocturne et je me laisser bercer par le clapotement de la mer.
Je me sens perdue sans pour autant comprendre ce qui m’arrive. Je commence à réfléchir à la manière de m’en sortir et de quitter les lieux. Je décide de ne pas rentrer, de ne pas partager le lit avec lui. Je décide de ne plus lui parler. Je n’ai plus rien en moi de toute façon. Il m’a laissé dans un état de perplexité désemparé.Je voudrais le laisser en plan le lendemain matin. Lui laisser payer la chambre et le laisser repartir en taxi. Jusqu’où vais-je aller, je n’en sais rien. A moi d’élaborer une tactique.
Je rentre dans ma chambre. Je ne l’ai pas vu depuis notre arrivée sur le parking de l’hôtel. Ou est il ? Est il rentrée ? Je vois déjà mes stratégies mises à mal s’il lui était venu l’idée de rentrer. Je payerai l’hôtel ? Ha non !! A-t-il pris une autre chambre ? En tout cas, il n’est pas rentré de la nuit.
Je ne dors pas. Il fait très chaud et il y a des jeunes qui font la fête dehors, ils rient, ils jouent du Jeunbé. Je ne dors pas. Je suis vidée et tout amour. Bien qu’ayant déjà mis mes sacs dans la voiture, prête à partir discrètement le lendemain matin, je ne sais pas encore si je vais le laisser en plan.
Le matin, 6h50 je le vois sur un banc assis. Je me recouche et je tente de m’amuser à l’idée qu’il ait dormi dehors à son âge !
Je prend l’enveloppe dans laquelle j’ai mis le mot : « Hep ! Taxi ! ». Je ne sais pas si je vais la donner à l’accueil encore pour quand Michel ira payer la chambre. Car j’ai décidé que je ne payerai pas la chambre.
Je prends comme prévu ma serviette de bain et mon chapeau comme si j’allais tout simplement me baigner. Mais toutes mes affaires sont déjà dans la voiture. Je croise un gars à l’accueil et je lui dis que je vais à la plage et lui donne les clés de la chambre. »C’est mon mari qui payera la chambre ». Le gars me dit que mon mari m’attend en terrasse. Je passe devant lui, je le regarde mais ne lui dit rien. J’affronte son regard et je passe.
Je vais sur la plage et je me baigne. Je ne regrette pas d’avoir pris la décision de rester la nuit et de ne pas gâcher mon envie de me baigner et de me détendre un peu. Je prend la décision de le ramener quand même chez lui malgré mon envie de le laisser comme un con et de rentrer seule avant lui pour prendre mes affaires chez son frère. Je sais où se trouvent les clés de la maison. J’aime l’idée de le laisser rentrer seul dans une chambre vidée de mon passage.
Je reviens à l’hôtel et brandis mes clés. Je lui laisse 5 minutes, pas une de plus pour prendre ses affaires. Je me montre calme mais fermée à tout. Même quand il m’indique un panneau de direction je lui répond fermement que je sais lire un panneau toute seule.
Pendant le trajet je réfléchie à tout ça et je commence à comprendre ce qui vient de m’arriver, ce qu’il vient de faire. Mais il est là à côté de moi et ça m’empêche d’aboutir dans mes pensées.
En arrivant il me dit qu’il veut que je prenne toutes mes affaires. Je rigole et lui dit que ce n’est que pour ça que je l’ai ramenée. Quand je redescends de l’étage, il a dans sa main mon sac, comme si je ne pouvais même plus prendre mes affaires dans sa chambre. Il reprenait l’autorité en écourtant l’instant et en me donnant lui-même mes affaires (m'enlevant ma propre décision de les prendre). Je rentre quand même dans sa chambre et prend, caché sous ses vêtements, l’ensemble de mes lettres. Il ne dit rien.
Une fois dans la voiture il me réclame cette fois-ci son livre de bridge. Je ne lui réponds pas. Il insiste en disant qu’il n’est pas à lui. Je lui dis que je n’ai rien à lui dire. Il me dit alors qu’il viendra le chercher et je lui répond de ne plus mettre les pieds chez moi. Que pour l’instant ce n’est pas mon problème.
Je pars. Je suis triste et toujours vide. J’ai quitté les lieux. Je pleure un peu, brièvement.

Aujourd’hui, ça fait 2 jours. J’ai compris.
Avec sa démonstration sur le bridge il m’a expliqué qu’il jouait avec moi, j’étais son partenaire et qu’il a bluffé. Au bridge on a le droit de bluffer quand son partenaire lui-même n’est pas a courant. C’est un manipulateur pervers.
Il joue à ce jeu justement parce qu’on parle en code, parce que ce jeu est réservé à ceux qui en comprenne le code. C’est peut être une thérapie pour lui mais je ne fais pas partie de tout ça.
C’est un manipulateur pervers et il m’en a fait une belle démonstration depuis le début de notre relation et plus précisément au restaurant pour le coup final. « Crois tu tout ce qu’on te dit ? » La perversité au top de la jouissance. Et puis, la partie est déjà gagné. On remballe : « tu as une importance minime dans ma vie ».

Michel n’a pas supporté notre histoire car nous étions dans la fusion. Il n’a donc pas supporté notre dernier retour à cet état. Quand nous avons fait l’amour 4 jours auparavant, qu’il était saoul, je suis pratiquement certaine de l’avoir entendu lâcher le mot « maman ».
Peut être qu’il m’a rendu service en arrêtant là même si j’aurais préféré à un autre moment !

Je voudrais qu’il souffre, qu’il ait mal. Je voudrais qu’il revienne lâchement comme une merde. Et là je lui apprendrais qu’il est dans la vraie vie et qu’alors il a gaché la sienne. Qu’il aille se faire foutre. Je n’accepte plus de jouer. C’est fini. J’ai compris ce qu’est le bridge.

Ce soir mon plus vieux pote arrive à la maison. Ca me rassure. Je ne vais pas si mal que ça ou bien je retiens tout à l'intérieur de moi. Je n'en sais rien. Je crois néanmoins que j’ai gagné la partie : sortir de cette histoire sans me détruire ou sans avoir honte de quoique ce soit. Je n’ai rien à me reprocher, je suis restée fidèle à mes valeurs et j’ai progressé également.

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